Boucle du Hainaut : Le Gouvernement wallon retient un nouveau périmètre de réservation, veut maximiser l’enfouissement et fixe dix conditions encadrant toutes futures décisions
Le Gouvernement wallon franchit une nouvelle étape dans le dossier de la Boucle du Hainaut. Sur la base des conclusions de l’évaluation environnementale, il retient un nouveau périmètre de réservation préférentiel pour la Boucle du Hainaut et fait le choix d’une solution hybride combinant ligne aérienne et enfouissement. Objectif : réduire au maximum l’impact du projet sur les habitants et le territoire, avec au minimum 8 kilomètres de ligne enfouis et la volonté d’aller au-delà si les conditions techniques et environnementales le permettent.
Un tracé profondément revu pour réduire les impacts
Les analyses menées dans le cadre du Rapport sur les Incidences Environnementales (RIE) concluent qu’une alternative au projet initial permet de mieux concilier les besoins du réseau électrique et la réduction des impacts sur les habitants, l’environnement et le territoire.
Le nouveau périmètre de réservation préférentiel identifié par le SPW s’étend sur environ 85 kilomètres entre la frontière régionale, à proximité du poste d’Avelgem, et le poste électrique de Courcelles.
Pour définir ce périmètre de réservation, l’administration a analysé les différentes alternatives identifiées dans le RIE, avec une priorité : minimiser les impacts sur la population, l’environnement et le territoire.
L’option proposée par l’Administration opte pour le regroupement, autant que possible, de la future ligne avec de grandes infrastructures déjà présentes et le passage à travers ou à proximité des parcs d’activités économiques.
Le périmètre de réservation identifié longe ainsi, à différents endroits, des infrastructures comme l’autoroute A8/E429, la N60, la ligne TGV Lille-Bruxelles, le canal Bruxelles-Charleroi, ou encore la N59. Il passe également à travers ou à proximité de 6 parcs d’activités économiques.
Cette approche permet de concentrer davantage l’infrastructure dans des espaces déjà marqués par les réseaux de communication et les zones industrielles, plutôt que de multiplier de nouvelles coupures dans le territoire.
Le périmètre de réservation retenu concerne 14 communes : Ath, Braine-le-Comte, Brugelette, Celles, Chièvres, Courcelles, Ecaussinnes, Frasnes-lez-Anvaing, Leuze-en-Hainaut, Manage, Mont-de-l’Enclus, Seneffe, Silly et Soignies.
Répondre à un besoin confirmé pour le réseau électrique
L’évaluation environnementale confirme la nécessité de renforcer le réseau électrique entre Avelgem et Courcelles avec une nouvelle liaison d’une capacité de transport de 6 GW.
Cette infrastructure doit notamment permettre de solidifier le réseau de base électrique belge afin d’éviter tout risque de black-out, de transporter l’énergie renouvelable produite en mer du Nord, de contribuer à la décarbonation et de répondre à la saturation attendue du réseau 150 kV en Hainaut.
Les analyses concluent également qu’une liaison en courant alternatif hybride (aérien et partiellement enfouis) est le choix technologique le plus robuste pour répondre à ces besoins.
Une liaison totalement souterraine ne peut pas être retenue en raison des contraintes majeures qu’elle entraînerait notamment pour la stabilité et la capacité du réseau.
Enfouir là où cela apporte le plus de bénéfices
L’enfouissement réduit fortement l’impact visuel de la ligne, mais il n’est pas sans incidence sur le territoire.
Les études relèvent notamment qu’un chantier souterrain nécessite une emprise importante, pouvant atteindre jusqu’à 70 mètres de largeur. Il faut également prévoir des postes de transition entre les parties aériennes et souterraines ainsi que des équipements techniques qui occupent eux aussi du terrain.
Le Gouvernement veut donc concentrer l’enfouissement là où son utilité est la plus forte.
Trois critères principaux ont été pris en compte par l’étude environnementale et l’analyse du SPW : la présence de paysages remarquables, la proximité d’éléments patrimoniaux et la présence d’habitations à proximité du périmètre.
La volonté est de privilégier un seul tronçon continu, plutôt que de multiplier les parties enterrées et donc le nombre des postes de transition. L’objectif est d’enfouir au minimum 8 kilomètres et, si les conditions techniques et environnementales le permettent, d’aller au-delà.
Sur cette base et tenant compte du RIE, le SPW identifie une zone située à hauteur de Thoricourt (Silly) qui présente un intérêt très élevé pour l’enfouissement en raison du cumul d’enjeux liés au paysage, au patrimoine et à l’habitat (proximité de plusieurs biens patrimoniaux et d’une aire d’intérêt paysager). Cette zone devrait donc être incluse dans le tracé du tronçon de minimum 8 km à enfouir.
Le Gouvernement valide la proposition et fixe des conditions encadrant toutes futures décisions
La proposition du SPW se basant sur les conclusions du RIE est donc validée par le Gouvernement wallon qui charge son administration de rédiger le projet d’arrêté portant la modification provisoire des plans de secteur. Conformément à la procédure prévue par le Code du Développement territorial, le projet d’arrêté sera soumis à l’enquête publique et à l’avis des conseils communaux. Cette phase est prévue tout au long du premier semestre 2027.
Parallèlement à cette procédure, le Gouvernement a établi un cadre de conditions qui, sous réserve de l’aboutissement des procédures, sera imposé à ELIA.
Ces garanties reposent sur trois principes : mieux protéger les riverains, limiter les impacts du projet et assurer une juste compensation des territoires concernés.
Les 10 conditions d’encadrement sont les suivantes :
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Racheter, sur base volontaire pour les propriétaires concernés, toute habitation localisée dans les 100 mètres de part et d’autre de la future ligne électrique. A défaut d’accord, le prix de rachat devra être établi par une autorité indépendante. Au prix de vente dû par ELIA seront ajoutés les frais connexes.
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Indemniser automatiquement toute habitation localisée dans les 200 mètres de part et d’autre de la future ligne électrique selon une grille dégressive.
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Protéger les exploitations agricoles de tout impact de la nouvelle ligne : le protocole existant avec les fédérations agricoles sera complété pour y décrire précisément l’accompagnement prévu des fermes et installations agricoles au sujet notamment de la question des mises à la terre.
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Finaliser son engagement unilatéral en ce qui concerne son mécanisme de compensation à destination des entreprises localisées à proximité de la future ligne électrique.
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Maximiser l’enfouissement de la ligne électrique, sous réserve des contraintes techniques et environnementales (minimum 8 km).
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Utiliser des pylônes présentant une haute qualité d’intégration paysagère dans les zones sensibles du point de vue paysager, dans les limites de la faisabilité technique.
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Financer les actions d’atténuation visuelle (plantation d’écran d’arbres à haute tige notamment)
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Compenser tous les impacts sur la biodiversité.
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Alimenter un fonds communautaire destiné aux territoires concernés, selon des modalités équivalentes à celles prévues pour VENTILUS
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Compenser les impacts sur le territoire et les infrastructures régionales de façon identique par rapport au projet VENTILUS.
Une décision fondée sur l’évaluation et la concertation
Le dossier de la Boucle du Hainaut s’inscrit dans une procédure de révision du plan de secteur.
Les études environnementales, les consultations menées et le travail de l’administration ont permis de faire évoluer en profondeur le projet initial.
La méthode retenue est claire : évaluer avant de décider et adapter le projet lorsque des solutions plus pertinentes permettent de mieux concilier les besoins du réseau électrique, la protection du cadre de vie et les contraintes du territoire.
La décision prise aujourd’hui constitue une nouvelle étape. Un nouveau projet de plan intégrant la proposition de l’administration sera traduite en un projet d’arrêté qui sera ensuite soumis à enquête publique (début de l’année 2027).
Afin de garantir de bonnes conditions de participation, cette enquête ne débutera ni ne se terminera pendant une période de congés scolaires. Les conseils communaux des communes concernées ainsi que les instances compétentes seront ensuite consultés.
« Nous avançons avec une ligne claire : garantir une infrastructure indispensable à notre avenir énergétique tout en réduisant au maximum son impact sur les habitants, les paysages et le patrimoine. Les études ont permis de faire évoluer le projet initial et d’identifier un tracé mieux adapté et de maximiser l’enfouissement. Le Gouvernement entend veiller à la poursuite de la procédure et des mécanismes participatifs qui y sont associés. », soulignent Adrien Dolimont et François Desquesnes.
À chaque étape, le Gouvernement entend conserver la même ligne de conduite : garantir une infrastructure indispensable à l’avenir énergétique de la Wallonie tout en réduisant au maximum ses impacts sur les habitants, les paysages et les territoires concernés.